La Chronopuncture Soigner au bon moment : la science du temps appliquée à l’acupuncture
La Chronopuncture Soigner au bon moment : la science du temps appliquée à l’acupuncture
Faisons le bilan lors d’une première séance
Prenez rendez vous et analysons les maux que votre corps vous exprime au quotidien pour voir quel type de soin sera le plus adapté pour vous….
Eva Garrec
Bonjour, je m'appelle Eva, j'ai 40 ans et je suis praticienne en médecine traditionnelle chinoise. Passionnée par l'harmonie du corps et de l'esprit, je me consacre à accompagner mes patients vers un bien-être profond à travers des techniques ancestrales. Mon approche personnalisée vise à restaurer l'équilibre énergétique et à favoriser la guérison naturelle. Bienvenue sur mon site !
La chronopuncture n’est pas une variante « douce » de l’acupuncture. C’est sa forme la plus exigeante et la plus complète — celle qui intègre, en plus de la connaissance des méridiens et des points, une lecture précise des cycles solaires, lunaires et stellaires pour déterminer le moment exact où une intervention aura le maximum d’effet sur l’organisme. Deux aiguilles, choisies avec rigueur, posées au bon instant : c’est souvent suffisant pour déclencher ce que aucun traitement symptomatique n’avait pu obtenir.
I. Une médecine née de l’observation rigoureuse du vivant
1.1 — Des chamans aux acupuncteurs : 3 000 ans d’observations accumulées
Dans la Chine ancienne, avant même l’invention de l’écriture, les premiers guérisseurs étaient des chamans. Leur rôle n’était pas mystique au sens vague du terme : c’était celui d’observateurs minutieux. Ils surveillaient la crue des fleuves, les mouvements du ciel, les comportements animaux avant les orages, les réactions du corps humain selon les saisons. Ils avaient compris, bien avant la médecine moderne, que l’être humain n’est pas un système fermé — qu’il est traversé, influencé, rythmé par des cycles extérieurs qui le dépassent.
Progressivement, cette observation s’est formalisée. Les aiguilles ont fait leur apparition, d’abord pour inciser, drainer, libérer. Sous la dynastie Shang, l’alchimie a enrichi cette médecine d’une vision du corps organisé autour de trois centres énergétiques — appelés champs de cinabre — correspondant aux trois niveaux de l’existence : la Terre (ventre, intestins, sexualité), l’Homme (thorax, cœur, émotions) et le Ciel (tête, esprit, connexion au cosmos). Ce n’était pas de la poésie : c’était une anatomie fonctionnelle qui décrivait comment l’énergie circule, se transforme et peut se bloquer.
En 206 avant notre ère, un autodafé détruisit la quasi-totalité des textes médicaux anciens. Un seul survécut : le Neijing Suwen, le « Classique interne de l’Empereur Jaune ». Ce texte fondateur — encore étudié aujourd’hui dans les facultés de médecine orientale — déclencha 450 ans de foisonnement intellectuel. La chronopuncture est l’un des héritages les plus précieux de cette tradition.
1.2 — La MTC officielle vs. la tradition alchimique
En 1953, Mao Zedong reconnut officiellement la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) sous une forme standardisée, fortement influencée par la pensée médicale occidentale. Cette version codifiée est aujourd’hui la plus enseignée en Occident : elle comprend l’acupuncture classique, la pharmacopée, les Cinq Éléments, la théorie Yin-Yang.
La chronopuncture appartient à une branche plus ancienne et plus exigeante : l’école alchimique, qui a continué à se transmettre en dehors des circuits officiels. Elle ne se contente pas d’identifier un déséquilibre et de le corriger : elle cherche le moment juste pour intervenir, en tenant compte de la position du soleil, de la lune, des étoiles, et de l’histoire personnelle du patient. C’est une médecine du temps autant que du corps.
II. Le temps selon la chronopuncture : une lecture à trois niveaux
La chronopuncture ne travaille pas avec un seul type de temps. Elle distingue trois dimensions temporelles, que la langue grecque antique nommait mieux que la nôtre :
| Les trois dimensions du temps thérapeutique | |
| Kronos | Le temps linéaire et quantifiable — celui des horloges et des calendriers. La médecine occidentale travaille principalement dans ce temps : durée d’un traitement, intervalles entre les prises, âge du patient. La chronopuncture l’intègre, mais ne s’y limite pas. |
| Aion | Le temps cyclique — celui des saisons, des lunes, des marées, des rythmes biologiques. Chaque cycle revient, mais jamais à l’identique. C’est dans ce temps que s’inscrivent les grandes variations énergétiques du corps : les changements saisonniers d’immunité, les cycles féminins, les alternances veille-sommeil. La chronopuncture s’appuie massivement sur Aion. |
| Kairos | Le moment juste — l’instant précis d’opportunité. En chronopuncture, c’est le cœur du système : il existe pour chaque patient, à chaque étape de son histoire, un moment où son corps est exactement prêt à se rééquilibrer. Trouver ce moment, c’est tout l’art du praticien. |
Ces trois niveaux s’imbriquent. Un traitement chronopuncturel tient compte de l’âge et de l’histoire du patient (Kronos), de la saison, du cycle lunaire et de l’heure de la journée (Aion), et du moment précis dans le parcours de soin où l’intervention aura le plus d’effet (Kairos).
« La maladie, c’est une stagnation du temps dans un espace particulier du corps. Intervenir au bon moment, c’est remettre le mouvement là où il s’est figé. »
III. Le système Kan et Tche : la grille de lecture du monde
3.1 — Le Ganz : troncs célestes et branches terrestres
La chronopuncture s’appuie sur le système du Ganz — une grille temporelle sophistiquée composée de 10 troncs célestes et de 12 branches terrestres. Leur combinaison produit un cycle de 60 unités de temps qui permet de décrire avec précision la qualité énergétique de chaque jour, chaque heure, chaque année.
Ce système n’est pas une invention mystique : c’est le fruit de plusieurs millénaires d’observation des cycles naturels. Les civilisations anciennes — chinoises, chaldéennes, égyptiennes — avaient remarqué que les saisons ne se répètent jamais à l’identique d’une année à l’autre, que les épidémies, les sécheresses et les grandes transformations suivent des patterns réguliers. Le Ganz était leur outil pour lire ces patterns et anticiper ce qui allait affecter les êtres vivants.
En chronopuncture, ce système permet de savoir quels méridiens et quels points sont énergétiquement actifs à un moment donné — et donc lesquels il sera pertinent de stimuler pour obtenir l’effet maximal avec le minimum d’intervention.
3.2 — Hou Tou et Lou Shu : la géométrie de l’espace vivant
La chronopuncture s’appuie sur deux figures géométriques fondamentales de la tradition chinoise :
- Le Hou Tou
organise l’espace selon une orientation traditionnelle : le feu à l’est (lever du soleil), l’eau à l’ouest (coucher du soleil). C’est la carte de l’énergie statique — historiquement associée à la gestion des flux dans les espaces sacrés et funéraires. Les Chinois ont compris qu’une cartographie de l’énergie figée ne suffisait pas pour les vivants.
- Le Lou Shu
naît de l’ajout du mouvement Yin-Yang au Hou Tou. Il organise les huit trigrammes du Yijing dans une structure dynamique, reflétant l’énergie en perpétuelle circulation. C’est sur cette base que la chronopuncture construit sa cartographie thérapeutique : chaque direction dans l’espace correspond à un élément, une saison, un organe, une qualité d’énergie — et le praticien sait à quel moment de l’année ou du cycle lunaire chacun de ces secteurs est actif.
3.3 — Les 28 demeures lunaires : le calendrier des points
L’un des outils les plus précis de la chronopuncture est le système des 28 demeures lunaires — appelé CIOS dans la tradition. Chaque jour, le soleil et la lune occupent une position précise dans l’une de ces 28 demeures. Cette position détermine quels points d’acupuncture sont énergétiquement actifs ce jour-là.
Ces 28 points se répartissent sur deux méridiens extraordinaires :
- Le Tu Mo (Vaisseau Gouverneur) — méridien Yang, qui parcourt la colonne vertébrale et gouverne les énergies défensives et structurelles du corps.
- Le Jen Mo (Vaisseau Conception) — méridien Yin, qui parcourt la face antérieure du corps et gouverne les énergies nutritives et de régénération.
Concrètement : ce n’est pas le même point qui sera ouvert un lundi de pleine lune en automne et un jeudi de lune croissante en été. La logique est astronomique autant qu’énergétique — et elle est calculée, pas intuitive.
IV. Soleil, Lune et étoiles : les deux énergies fondamentales du corps
En chronopuncture, le corps humain est traversé par deux types d’énergie dont les sources sont littéralement cosmiques. Comprendre cette distinction, c’est comprendre pourquoi le moment de la séance n’est pas interchangeable.
| Les deux énergies vitales et leurs sources | |
| Énergie Wei (défense) | Liée au Soleil et au cycle Ko — le cycle de régulation entre les Cinq Éléments. C’est l’énergie défensive du corps : elle circule à la surface, protège des agressions extérieures (froid, humidité, agents pathogènes), et règle la capacité de résistance de l’organisme. Une énergie Wei affaiblie se manifeste par des infections à répétition, une grande sensibilité aux changements de température, ou un système immunitaire défaillant. |
| Énergie Rong (nutrition) | Liée à la Lune et au cycle Cheng — le cycle nourrissant de 24 heures. C’est l’énergie nourricière : elle circule en profondeur dans les méridiens, irrigue les organes, régénère les tissus. Une énergie Rong perturbée se manifeste par des troubles du sommeil, une fatigue de fond, des douleurs chroniques sans cause mécanique apparente, ou des déséquilibres hormonaux. |
Ces deux énergies ne sont pas indépendantes : elles s’équilibrent mutuellement selon les cycles solaires et lunaires. Un praticien en chronopuncture choisit ses points en fonction de laquelle des deux est déficiente, mais aussi en fonction du moment du cycle où cette déficience est la plus accessible à la correction.
Les vaisseaux merveilleux : des régulateurs spatio-temporels
Les vaisseaux merveilleux sont huit méridiens extraordinaires qui ne correspondent pas à des organes spécifiques, mais qui jouent un rôle de régulateurs globaux de l’énergie dans le temps et l’espace. Ils s’activent notamment lors des grandes transitions — naissances, crises, traumatismes, changements de cycle de vie — et leur stimulation produit des effets profonds et durables.
En chronopuncture, ce sont les vaisseaux merveilleux qui permettent de travailler avec seulement deux aiguilles. Chaque vaisseau merveilleux possède un point d’ouverture spécifique : activer ce point au bon moment du cycle ouvre tout le réseau énergétique du vaisseau, avec une précision et une profondeur que des dizaines d’aiguilles classiques ne permettraient pas d’atteindre.
L’image que Jean Motte utilise est celle du laser : une énergie concentrée, précise, qui pénètre profondément jusqu’au niveau cellulaire. À l’opposé d’une acupuncture « de surface » qui traite les symptômes, les vaisseaux merveilleux permettent d’agir sur la cause racine.
Les points stellaires : la connexion entre le corps et le cosmos
Un aspect particulièrement remarquable de la chronopuncture traditionnelle est la relation entre certains points du corps et des étoiles ou constellations spécifiques. Trois points portent le caractère de la Grande Ourse :
- Le point 5GI (5e point du méridien Gros Intestin) — crucial pour l’harmonisation avec le passage du temps, souvent utilisé pour aider le corps à « accepter » une transition de vie difficile.
- Le point 6MC (6e point du méridien Maître Cœur) — connu pour ses effets profonds sur les états méditatifs et la libération émotionnelle.
- Le 21e point du méridien Jen Mo — utilisé pour favoriser la prise de recul et la réflexion sur le chemin parcouru.
Le point 61VC, associé à la Ceinture d’Orion, peut activer un ensemble de trois étoiles et influer sur le mouvement d’un patient lorsqu’il est combiné avec d’autres points du système. Ces associations ne sont pas arbitraires : elles sont le résultat de millénaires d’observation des effets cliniques de ces combinaisons à des moments précis du calendrier astronomique.
V. Le corps comme mémoire du temps
5.1 — Comment le corps signale le déséquilibre : une progression en trois temps
L’un des apports les plus concrets de la chronopuncture est sa lecture de la façon dont le corps communique avant que la maladie ne s’installe. La philosophie chinoise postule que l’organisme ne tombe pas malade brutalement et sans prévenir : il envoie des signaux progressifs, de plus en plus forts, jusqu’à ce qu’on les entende.
| La progression des signaux du corps | |
| Premier niveau | Des symptômes en apparence anodins : une entorse à la cheville, une douleur fugace dans un genou, un trouble digestif passager. Le corps « frappe doucement ». Ces signaux apparaissent généralement dans la zone constitutionnellement la plus fragile de la personne — son point d’entrée privilégié pour la maladie. |
| Deuxième niveau | Si les premiers signaux sont ignorés ou mal traités (symptômes masqués par des antidouleurs, sans recherche de cause), le corps intensifie son message : des troubles organiques apparaissent — calculs rénaux ou biliaires, douleurs chroniques, troubles du sommeil persistants, fatigue profonde résistante au repos. |
| Troisième niveau | À terme, si le déséquilibre de fond n’est pas traité, des affections sérieuses peuvent s’installer. La chronopuncture n’est pas fataliste : cette progression n’est pas inévitable. Mais elle invite à ne pas attendre le troisième signal pour consulter. |
Cette lecture n’est pas abstraite. En consultation, il est très fréquent qu’un patient reconnaisse spontanément cette progression quand on lui en parle : « Oui, j’avais eu ces douleurs au dos pendant des mois avant que mon hernie ne s’aggrave… » ou « C’est vrai que j’avais des troubles digestifs bien avant le diagnostic de côlon irritable… »
5.2 — La constitution individuelle : chacun a sa porte d’entrée
La philosophie chinoise ne croit pas à la maladie universelle. Elle croit à la maladie individualisée : chaque personne, en fonction de sa constitution, de ses antécédents, de son histoire émotionnelle, a des zones plus vulnérables que d’autres. Comme une forteresse dont les remparts sont solides mais dont une porte est plus fragile, l’organisme a ses points faibles.
Ces faiblesses constitutionnelles peuvent concerner un organe (le foie chez certains, les reins chez d’autres), un système (le système nerveux, le système digestif), ou un registre émotionnel (la peur chronique épuise les reins, la colère refoulée abîme le foie, la tristesse prolongée fragilise les poumons — ce ne sont pas des métaphores, mais des corrélations cliniques observées depuis des siècles). Ces faiblesses varient aussi avec les saisons et les cycles de vie : une personne peut être robuste l’été et très vulnérable en automne.
En chronopuncture, connaître la constitution du patient permet d’anticiper : de savoir quand il va être le plus fragile, et d’intervenir en prévention avant que le déséquilibre ne se manifeste.
5.3 — Remonter à l’origine : trouver quand le dérèglement a commencé
La chronopuncture cherche systématiquement à remonter le temps — à retrouver le moment précis dans l’histoire du patient où quelque chose s’est déréglé. Ce moment n’est pas toujours un traumatisme spectaculaire : ce peut être un deuil mal traversé, une période de surmenage prolongé, une transition mal accompagnée (une naissance, une rupture, un déménagement, une retraite).
Le concept clé ici est le « fong » (agitation en chinois) — souvent traduit par « vent », mais que Jean Motte, praticien et conférencier spécialisé dans la chronopuncture, précise comme étant une perturbation dans le flux d’information du corps : une lumière agitée ou déplacée. Quand l’information circule librement dans les méridiens, le corps s’auto-régule. Quand un choc — émotionnel, physique, climatique — vient perturber ce flux, il se cristallise en un endroit. Et cette cristallisation, si elle n’est pas traitée, devient la graine de la maladie.
Les patients reconnaissent souvent intuitivement cette origine, même quand ils ne peuvent pas la formuler précisément : « Je sais que ça vient de là, de cette période-là. » La chronopuncture leur donne un outil pour agir exactement sur ce nœud temporel.
VI. Comment se déroule une séance en chronopuncture ?
6.1 — Avant les aiguilles : l’entretien et le calcul
Une séance de chronopuncture commence toujours par un entretien approfondi. Le praticien cherche à comprendre non seulement les symptômes actuels, mais l’histoire complète du patient : les grandes périodes de vie, les chocs émotionnels, les maladies passées, les cycles familiaux. Il prend le pouls — non pas pour mesurer la fréquence cardiaque, mais pour lire les variations qualitatives des 12 pouls radiaux qui correspondent chacun à un méridien.
Il tient ensuite compte de la date du jour, de la phase lunaire, de la saison, et parfois de l’heure de la séance. Ces éléments entrent dans un calcul précis — le praticien traditionnel le fait manuellement, sans logiciel, pour développer une compréhension incarnée du système — qui détermine quels vaisseaux merveilleux et quels points sont actifs ce jour-là.
6.2 — Deux aiguilles : pourquoi si peu ?
La signature de la chronopuncture, c’est l’économie de moyens. Là où une acupuncture classique peut utiliser 15 à 20 aiguilles, la chronopuncture en utilise en général deux — parfois quatre, rarement plus. Ce n’est pas une simplification : c’est une précision supérieure.
Ces deux aiguilles relient un trigramme de l’espace (une direction énergétique dans le Lou Shu) à un point d’ouverture temporel précis dans un vaisseau merveilleux. L’effet est de créer une connexion espace-temps à l’intérieur du corps du patient — permettant à l’énergie bloquée de se remettre en mouvement selon sa juste direction.
Le placement est rituel dans le sens noble du terme : il est préparé, calculé, intentionnel. L’aiguille n’est pas posée mécaniquement — elle est posée avec une intention claire du praticien, dont le chi (énergie vitale) participe à l’effet thérapeutique.
6.3 — Ce que le corps fait ensuite
Les effets d’une séance de chronopuncture peuvent être immédiats (une sensation de chaleur, de libération, un bâillement profond qui signale le relâchement du système nerveux autonome) ou différés sur quelques jours. Certains patients ressentent une fatigue transitoire après la séance — c’est le signe que le corps est entré dans un processus de réajustement actif.
Les séances sont généralement espacées — parfois de plusieurs semaines — parce que le praticien attend le prochain moment opportun dans le cycle pour intervenir à nouveau. Ce n’est pas une médecine de la fréquence, c’est une médecine du moment juste.
6.4 — Les contre-indications temporelles
La chronopuncture respecte aussi des périodes de non-intervention. On évite de poser des aiguilles :
- Lors des pleines lunes et des nouvelles lunes (pics de flux énergétique où une stimulation pourrait amplifier un déséquilibre plutôt que le corriger)
- Aux solstices et équinoxes (grandes transitions saisonnières où le corps est en phase de réajustement naturel)
- Au premier jour des menstruations (mobilisation maximale de l’énergie Yin — intervenir à ce moment perturberait le cycle naturel)
Ces contre-indications ne sont pas des superstitions : elles reflètent une connaissance des moments où le système énergétique est en mouvement intense et ne doit pas être perturbé par une stimulation extérieure.
VII. Exemples cliniques : comprendre le raisonnement en situation réelle
Ces exemples illustrent le raisonnement chronopuncturel. Les deux premiers sont tirés des cas exposés par Jean Motte dans ses conférences — ils montrent comment le praticien lit un déséquilibre, choisit ses points et anticipe l’évolution.
| ▸ Exemple 1 — Déséquilibre de l’élément Feu : palpitations, insomnies, agitation
Un patient présente des palpitations nocturnes, une agitation mentale qui l’empêche de s’endormir avant minuit, et une sensation de chaleur dans la poitrine. En MTC classique, on identifie un excès de feu du cœur — ce qui est exact, mais incomplet. En chronopuncture, le praticien va plus loin : il cherche quand ce déséquilibre de l’élément Feu a commencé, et dans quel cycle de vie il s’est installé. Si ce déséquilibre est lié à un choc émotionnel non résolu, il ne s’agit pas seulement de « refroidir le feu du cœur » symptomatiquement. Il s’agit de nourrir l’énergie Rong (nourricière, lunaire) du cœur à un moment précis du cycle lunaire — par exemple en phase croissante, moment où l’énergie Yin remonte naturellement et peut être guidée vers les méridiens cardiaques. Le praticien choisit deux points : un point d’ouverture du vaisseau merveilleux Jen Mo (Yin) et un point complémentaire sur le méridien Cœur, actif selon les 28 demeures lunaires de ce jour. Deux aiguilles — mais choisies dans une logique spatio-temporelle précise. Les résultats sur les insomnies d’origine émotionnelle avec ce type d’approche sont souvent significatifs dès les premières séances. |
| ▸ Exemple 2 — Énergie Wei affaiblie : infections ORL à répétition et sensibilité au froid
Un patient fait chaque automne-hiver plusieurs épisodes d’angines, rhinopharyngites et bronchites. Sous antibiotiques, il guérit — puis recommence. L’énergie Wei (défensive, solaire) est chroniquement insuffisante. En chronopuncture, le praticien identifie le moment du cycle solaire où cette énergie défensive est le plus accessible — généralement en fin d’été, juste avant la bascule automnale. Il travaille sur le cycle Ko des Cinq Éléments (cycle de régulation) en choisissant des points du méridien Poumon et de l’Intestin Grêle, actifs selon le calendrier du Ganz à ce moment de l’année. L’objectif n’est pas de traiter le rhume en cours, mais de renforcer la capacité de résistance avant qu’il ne s’installe. Cette approche préventive est l’une des forces majeures de la chronopuncture : intervenir avant que la maladie ne se déclare, au moment où le corps est réceptif. Les patients qui bénéficient de ces séances préventives d’automne décrivent souvent un hiver radicalement différent des précédents — moins d’infections, et celles qui surviennent sont plus courtes et moins sévères. |
| ▸ Exemple 3 — Douleurs chroniques après un choc émotionnel non résolu
Un patient de 45 ans consulte pour des douleurs lombaires persistantes depuis trois ans, sans cause mécanique identifiée par les examens classiques (pas de hernie, pas d’arthrose significative). En remontant l’histoire, il décrit une période de grande pression professionnelle suivie d’un licenciement brutal — exactement trois ans avant le début des douleurs. En chronopuncture, le praticien identifie un blocage du « fong » (agitation) cristallisé dans le méridien Rein — l’organe qui, en MTC, est le siège de la peur et du choc existentiel. Ce blocage s’est installé en automne (saison du Métal et de la descente d’énergie), ce qui explique pourquoi les douleurs sont systématiquement plus intenses en cette saison. Le traitement consiste à rouvrir ce nœud temporel : en choisissant un jour d’automne précis selon les 28 demeures lunaires, le praticien pose deux aiguilles — un point d’ouverture du vaisseau Tu Mo (Yang, gouverneur de la colonne) et un point complémentaire sur le méridien Rein — pour permettre à l’énergie bloquée de se remettre en circulation. Les douleurs ne disparaissent pas en une séance, mais le patient décrit souvent une « légèreté » nouvelle et une amélioration progressive sur trois à cinq séances espacées. |
VIII. Pour qui est-elle indiquée ?
La chronopuncture n’est pas réservée aux patients « ouverts aux médecines alternatives ». Elle s’adresse à toute personne dont les problèmes de santé ont une dimension temporelle — c’est-à-dire presque tout le monde. Elle est particulièrement pertinente dans les situations suivantes :
- Douleurs chroniques sans cause mécanique clairement identifiée
- Fatigue chronique, épuisement post-burn-out résistant au repos
- Troubles du système immunitaire : infections à répétition, terrain allergique
- Déséquilibres hormonaux : cycles féminins irréguliers, accompagnement de la péri-ménopause
- Troubles du sommeil d’origine émotionnelle ou constitutionnelle
- Anxiété chronique, hypersensibilité, attaques de panique
- Symptômes qui varient selon les saisons, la lune, ou les cycles de vie
- Accompagnement des grandes transitions : deuil, séparation, reconversion, retraite
- Prévention : renforcement de la résistance avant les périodes de vulnérabilité connues
La chronopuncture ne remplace pas la médecine conventionnelle. Pour les pathologies diagnostiquées, elle agit en complémentarité — en travaillant sur ce que les bilans biologiques ne mesurent pas : la qualité de la circulation énergétique, le moment du déséquilibre, la constitution du patient.
Pour conclure
La chronopuncture est une médecine exigeante — pour le praticien qui doit maîtriser un système complexe de cycles, de calculs et de correspondances, et pour le patient qui est invité à s’interroger sur son histoire et ses rythmes de vie. Mais c’est précisément cette exigence qui en fait la puissance.
En traitant non seulement le symptôme, mais le moment où il s’est installé, la constitution qui l’a rendu possible, et le cycle dans lequel il s’inscrit, la chronopuncture offre une lecture et une action thérapeutique d’une profondeur que peu d’approches peuvent égaler.
Pour les personnes sceptiques, j’aurais tendance à dire : ne croyez pas, venez constater. La première séance est déjà une expérience — d’un entretien différent de tout ce que vous avez connu, d’une écoute qui va chercher où, quand, et pourquoi votre corps a commencé à souffrir.
« La médecine du futur ne sera pas celle qui traite plus vite, mais celle qui intervient au bon moment. »
Vous souhaitez découvrir la chronopuncture ?
Je vous reçois à Montigny-sur-Loing (77), à Omont (08) et à Charleville-Mézières (08). Toute séance de chronopuncture commence par votre histoire : pas seulement vos symptômes, mais les moments et les contextes dans lesquels ils sont apparus.
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Sources et références
Cet article s’appuie sur les travaux et l’enseignement de Jean Motte, acupuncteur, chercheur et directeur du Centre Imhotep (Versailles) depuis 1992. Jean Motte est l’un des principaux spécialistes français de la chronopuncture et des Kan et Tche. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence en acupuncture traditionnelle chinoise :
- Les chemins cachés de l’acupuncture traditionnelle, Éditions Guy Trédaniel, 2002
- Vade-mecum d’acupuncture traditionnelle, Éditions Trédaniel, 2014
- Tian Ti Tche, Éditions Centre Imhotep
Son site officiel et ses formations en chronopuncture (Kan et Tche) sont accessibles sur www.jeanmotte.com et sur le site du Centre Imhotep : www.centre-imhotep.com.

